LES MYTHES ET LES ITSS

Il est crucial de parler des messages, des mythes et des réalités qui sont véhiculés lorsqu’on parle des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Celles qui était autrefois appelées les «maladies vénériennes» ne sont, encore aujourd’hui, pas tolérées ni acceptées. Les ITSS font parties de la sexualité humaine et doivent être examinées en détail. Ainsi, il sera possible de mieux les comprendre et, ultimement, de mieux s’en protéger!

Quelques mythes sont importants à revoir :

LORSQU’UNE PERSONNE CONTRACTE UNE ITSS, ELLE EST SALE.

Les ITSS ne sont pas et ne seront jamais une caractéristiques définissant une personne comme «sale». La propreté ou l’hygiène corporelle n’ont absolument rien à voir avec la transmission ou la contraction d’une ITSS. En anglais, le mot clean est souvent utilisé à mauvais escient pour décrire un statut médical. Pour parler de notre statut médical par rapport à notre santé sexuelle, il est tout simplement possible de dire que notre statut est négatif ou positif relativement à telle ou telle infection. La discrimination et l’utilisation de certains termes peuvent parfois engendrer des préjugés qui ne sont pas nécessaires.

LORSQU’UNE PERSONNE CONTRACTE UNE ITSS, ELLE N’AURA PLUS DE VIE SEXUELLE.

Le fait de contracter une ITSS peut affecter la vie sexuelle des gens. Il est normal d’avoir des sentiments, des émotions de tristesse, de déception ou d’impuissance. Les réflexions sur notre vie sexuelle peuvent aussi devenir décourageantes, mais elles peuvent aussi être intéressantes. Néanmoins, il existe plusieurs façons de se protéger sexuellement afin de réduire au maximum les risques de transmission. Le condom pourra toujours être l’une des méthodes les plus efficaces. Des pratiques sexuelles alternatives pourront aussi réduire les risques de transmission. 

Si votre ou vos partenaire-s sexuels ont contracté des ITSS et décident de vous en faire part, il serait intéressant d’avoir des discussions par rapport à vos limites, mais aussi dans le but d’aider cette ou ces personne-s.

LES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA SONT DES HOMMES HOMOSEXUELS.

Le VIH est présent sur tous les continents de la Terre. Cette infection a tué plusieurs millions d’humains. À une certaine époque, plusieurs hommes s’identifiant comme homosexuels ont perdu la vie, oui. Dans le monde entier, certains hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ont été infectés. POURTANT, cela ne veut pas dire que l’infection n’est présente que chez les homosexuels. Elle est présente chez les personnes hétérosexuel-le-s, bisexuel-le-s, pansexuel-le-s, fluides, qu’ils/elles soient des hommes-cis, femmes-cis, hommes-trans, femmes-trans ou non-binaires. Tout le monde peut contracter le VIH, en ayant des comportements à risque. Comme tout le monde peut vivre en étant porteur ou porteuse. Les modes de transmission de cette ITSS n’ont rien à voir avec le sexe, le genre ou l’orientation sexuelle d’une personne.

LES FEMMES AYANT DES RELATIONS AVEC D’AUTRES FEMMES N’ONT PAS D’ITSS.

Les femmes ayant des relations sexuelles avec d’autres femmes sont aussi susceptibles de contracter des ITSS.  Les microlésions sont les portes d’entrée et de sorties des bactéries ou des virus qui causent les ITSS. Tous les types de relations et de comportements sexuels peuvent causer des microlésions : les baisers, les caresses avec les mains sur les organes génitaux, les caresses avec la bouche sur les organes génitaux, les comportements de type «peau à peau», les relations sexuelles anales, etc. Il faut savoir que plus il y a de portes d’entrées et de sorties, plus le risque de transmission est élevé.

Les contacts peau à peau,  les contacts avec la bouche et les mains créent ces portes d’entrée. Cependant, il n’est pas vrai d’affirmer que les femmes qui ont des relations avec d’autres femmes n’ont pas de relations anales ou génitales, créant elles aussi des microlésions. Ces relations se font à l’aide d’objets, et lorsque ceux-ci sont protégés par un condom, ils empêchent la transmission d’ITSS. L’objet sexuel devra être protégé d’un condom différent à chaque utilisation, surtout s’il est utilisé par les deux partenaires. Chaque partenaire devra utiliser un condom différent. 

Plusieurs ITSS — le VPH et le VHS, particulièrement — peuvent se transmettre par les contacts de la peau et des fluides, ces derniers permettant la transmission des bactéries et des virus. Ils sont susceptibles d’être échangés entre deux femmes, autant qu’entre tous les autres humains, quel que soit leur sexe. Autre chose importante à noter : ces deux femmes peuvent avoir des relations avec d’autres partenaires du même sexe et du sexe opposé. Or, il n’est malheureusement pas possible de savoir si ces personnes se sont transmis des virus ou des bactéries causant des ITSS. Ces femmes doivent être tout autant vigilantes concernant leur santé sexuelle. Il existe plusieurs façons de se protéger des ITSS. Les contacts orogénitaux, par exemple, peuvent être protégés à l’aide d’une digue dentaire ou d’un carré de latex.

TOUTES LES ITSS SONT IRRÉVERSIBLES / TOUTES LES ITSS SONT RÉVERSIBLES.

Comme nous l’avons soulevé dans notre dossier, certaines ITSS sont irréversibles (non-traitables) et d’autres réversibles (traitables). Les virus restent, pour la plupart, dans le système, tandis que les bactéries finissent par être éliminées à l’aide d’antibiotiques. Malgré le fait que les virus peuvent rester dans le corps, comme c’est le cas du VIH, la personne infectée pourra prendre des antirétrauviraux pour maintenir en fonction son système immunitaire. Bien que les bactéries soient traitables avec des antibiotiques, cela n’élimine pas les possibilités de complications.

Par exemple, si une personne est porteuse d’une chlamydia (une bactérie) et qu’elle est asymptomatique, il est possible qu’elle vive avec la bactérie très longtemps avant de s’en rendre compte ou d’être diagnostiquée. Vivre avec une telle bactérie longtemps comporte certains risques, bien qu’il soit facile d’éliminer la bactérie une fois sa présence détectée. Notamment, des complications pourraient être une infection aux trompes de Fallope (une salpingite) pouvant engendrer l’infertilité dans les cas les plus graves, ou des infections de l’urètre, plus présentes chez l’homme

Par ailleurs, les ITSS qui sont traitables, à l’aide d’antibiotique, ne rendent pas les personnes qui les prennent immunisées. En d’autres mots, cela signifie qu’une personne qui aurait une chlamydia et qui prendrait des médicaments pour l’éliminer pourrait en contracter une nouvelle, depuis la même source ou depuis une source différente. Il n’y a pas d’immunité aux ITSS.

SI JE PORTE UN CONDOM OU MON PARTENAIRE EN PORTE UN, JE NE CONTRACTERAI JAMAIS D’ITSS.

Même si le condom devrait être présent dans TOUS les contextes sexuels, il arrive que certaines ITSS, comme le VPH ou le VHS, puissent tout de même se transmettre. Par exemple, les parties infectées par le VPH sont souvent plutôt autour des aines, sur les testicules ou le pubis. C’est pourquoi il peut y avoir un contact direct entre la personne porteuse et la personne non-porteuse et donc une  transmission. Par ailleurs, le condom n’est malheureusement pas efficace à 100% contre l’échange de fluides, même si les parties du corps infectées se retrouvent protégées par le condom. Certains fluides peuvent s’échapper et causer une transmission.

Si vous avez fait un test de dépistage et que vous connaissez votre statut, vous pouvez toujours en faire part à votre ou vos partenaire-s. Ainsi, vous pourrez décider ensemble des rapports sexuels que vous aurez par la suite et discuter des impacts que cela aura sur votre vie intime et sexuelle. Cela reste entièrement à votre discrétion; ce n’est qu’un simple conseil. Il suffit d’y réfléchir.

S’IL N’Y A PAS DE SYMPTÔMES VISIBLES SUR LES ORGANES GÉNITAUX, UNE PERSONNE N’A PAS D’ITSS.

Ce mythe est sûrement celui le plus ancré dans la conscience collective! Malheureusement, les premiers signes et symptômes de la majorité des ITSS sont, paradoxalement,  de ne pas en développer. Voilà pourquoi il était important pour nous, tout au long de nos dossiers, de mentionner les tests de dépistage. C’est la meilleure façon de connaître réellement son statut médical. Allez-y chaque six mois! Ce n’est pas compliqué et ça ne dure pas longtemps! 


 

Évidement, il existe une liste infinie de mythes concernant les ITSS et la santé sexuelle.
Si vous avez des questions de cet ordre, n’hésitez pas à nous poser votre question ICI.

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