LE CONSENTEMENT

Le consentement est important dans tous les contextes sexuels. Pour la ou les première-s fois, il est primordial de communiquer ses intentions concernant les rapports que nous désirons avoir. Cela veut dire que nous devons parler avec notre ou nos partenaire-s de ce nous voulons recevoir ou faire à l’autre. Il est important de connaître nos propres limites, mais aussi celles de l’autre.

Autrement, est-ce nécessaire de dire à l’autre que c’est la première fois que nous avons tel ou tel rapports sexuels? Nous croyons que cela est une décision personnelle. Néanmoins, s’il y a  un rapport sexuel qui vous tente, mais qui vous fait peur  —parce que, par exemple, vous pensez que ça pourrait vous blesser physiquement ou émotionnellement—  il pourrait être important de le laisser savoir à l’autre.

Il est aussi important de communiquer tout au long des rapports sexuels. Si vous vivez, par exemple, votre première pénétration anale et que cela vous dérange de plus en plus, vous pouvez demander à ce que ça s’arrête. Et ce à n’importe quel moment. Même si vous aviez donné votre consentement préalablement. Cela est valable pour toutes les relations, autant celles que l’on vit pour la première fois, que celles qu’on a déjà vécues ou que l’on répète. Pour en apprendre davantage aux sujets des premières fois, visitez la page de notre dossier à ce sujet!

Le consentement est souvent abordé comme un concept complexe, dur à comprendre, voire difficile à expliquer. Les deux points qui suivent sont très importants.

Le consentement doit se faire de manière libre et éclairée. En d’autres mots, la personne doit pouvoir:

1. Prendre une décision sans se sentir obligée de quoi que ce soit, et sentir qu’elle peut changer d’idée dès qu’elle veut: elle doit être libre;

2. Connaitre les aspects qu’impliquent cette décision pour sa santé ou son état émotionnel: la décision doit être éclairée.

Pour vous aider, voici une brève explication des trois caractéristiques personnelles qui ne permettent pas le consentement sexuel et légal:

L’ÂGE

• Un enfant de moins de 12 ans ne peut jamais consentir.
• Une personne âgée entre 12 ans et 14 ans (moins un jour) peut consentir seulement avec des personnes qui sont âgées au plus de deux ans de plus qu’elle.
• Une personne âgée entre 14 ans et 16 ans (moins un jour) peut consentir seulement avec des personnes qui sont âgées au plus de cinq ans de plus qu’elle.

LE HANDICAP INTELLECTUEL

• Selon la loi, une personne vivant avec un handicap intellectuel n’est pas apte à consentir.
• Plusieurs regroupements de personnes vivant avec un handicap intellectuel léger ou modéré contestent cette loi et soutiennent qu’avec un support psychologique suffisant, certaines personnes vivant avec un handicap intellectuel pourraient être apte à consentir. Mais consentir à quoi? 
La documentation à ce sujet est fort difficile à trouver.

Malheureusement, le tabou entourant la sexualité et l’amour étant encore très présent pour les personnes vivant avec un handicap intellectuel. Ainsi, nous ne sommes pas surprises de constater que ce type de consentement n’ait été que très peu discuté. Nous croyons que l’amour et la volonté d’avoir des rapports intimes ne sont pas exclusifs aux personnes neurotypiques (c’est-à-dire des personnes qui ne présentent pas de handicap intellectuel). Le droit à l’amour et à la sexualité devrait être défendu pour toutes et tous.

L’INTOXICATION

• Si une personne est sous l’effet avancé d’une drogue ou d’alcool (c’est-à-dire dans un état ou sa conscience est altérée), elle ne peut consentir.
• Si une personne perd conscience (par exemple, lors d’un black-out), elle ne peut consentir.

Le consentement n’est pas une option

Finalement, sachez que le consentement, au quotidien, est plus simple qu’on ne le laisse croire. Il suffit simplement de demander à son ou sa partenaire s’il ou elle est d’accord avec ce que l’on aimerait lui faire, ou lui laisser savoir ce qu’on aimerait recevoir. Si jamais vous, ou l’autre personne, n’êtes pas à l’aise, cela devrait être suffisant pour ne plus avoir envie de tenter quelconque rapport. Aussi, rappelez-vous que le consentement n’est pas genré : il n’appartient pas uniquement aux femmes ou aux hommes. Autant les hommes que les femmes ont le droit de consentir, ou non, à certains actes sexuels.

*Si vous souhaitez en savoir davantage au sujet du consentement, visitez le site du gouvernement du Canada. Vous y trouverez les lois officielles du gouvernement canadien concernant le consentement.


LES ITSS ET LE CONSENTEMENT

Il n’est pas illégal de ne pas divulguer notre statut —sauf dans le cas du VIH/SIDA, nous y reviendrons— lorsque nous savons que nous sommes porteurs d’une infection. Or, nous croyons fermement qu’il est mieux d’être honnête et intègre avec nos partenaires dans de telles situations.  Évidemment, il arrive que certaines personnes soient porteuses d’infection sans le savoir. Ils pourront ainsi transmettre leur infection à leurs partenaires. Là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de la gravité de nos actions, d’être conscient-e qu’en ne disant pas la vérité, ou en omettant tout simplement de la dire, nous prenons la décision d’empêcher notre partenaire de faire un choix éclairé.

Autrement dit, nous choisissons d’avoir un rapport sexuel auquel notre partenaire ne consentirait peut-être pas si elle ou il était en totale connaissance des risques qui y sont associés. Les conséquences pour la santé d’autrui, dans le cas d’un virus ou d’une bactérie, peuvent être immensément variées.

Ce n’est pas parce qu’une personne est porteuse et qu’elle a une relation avec une personne non-porteuse que celle-ci contractera nécessairement l’infection. Certaines ITSS sont plus contagieuses que d’autres tout comme certains rhumes et certaines grippes sont plus contagieux que d’autres. Néanmoins, le risque est toujours présent, et il est impossible de garantir à 100% qu’une infection ne sera pas transmise. Il est simplement possible de réduire les risques de transmission. Le meilleur moyen de réduire ce risque est de porter une protection adéquate pour la relation que nous souhaitons entreprendre. Pour en apprendre davantage à ce sujet, consultez notre entrevue avec Miss Condom sur la protection contre les ITSS grâce aux condoms et notre capsule avec Estelle sur la digue dentaire.

Une décision personnelle…

Puisque cela n’est pas légalement condamnable, cette décision reste personnelle, tout comme l’est la décision d’avoir une relation avec une personne que nous savons porteuse d’une ITSS l’est aussi. Il est important de réfléchir aux conséquences que cela pourrait entrainer pour soi-même et pour nos partenaires. Non seulement cela peut entrainer des conséquences physiques, pour la santé, mais aussi des conséquences psychologiques : stress, anxiété, peur, dégout, incompréhension, perte de confiance en soi ou en l’autre sont des émotions qui peuvent être engendrées par la prise d’une telle décision. Soyez conscient-e des conséquences —positives comme négatives— que vos actions peuvent amener dans la vie des gens avec qui vous partagez des moments intimes. Afin d’approfondir vos réflexions, visionnez notre capsule sur les impacts intimes et sexuels des ITSS.

LE CAS DU VIH/SIDA :

Il n’est pas illégal de ne pas dévoiler à ses partenaires qu’on est porteur d’une chlamydia ou de la gonorrhée. Or, pour le VIH/SIDA cela est différent.

La Cour suprême du Canada a rendu, en 2012, deux décisions stipulant qu’une personne vivant avec le VIH est dans l’obligation de dévoiler sa séropositivité à ses partenaires. Cette personne doit faire son dévoilement AVANT d’avoir des rapports sexuels. Ces rapports doivent comporter une «possibilité réaliste» de transmission.

Cela signifie qu’une personne vivant avec le VIH n’est pas dans l’obligation de dévoiler son statut avant d’avoir un rapport vaginal si un condom est utilisé ET que la personne séropositive a une charge virale « faible » au moment de la relation sexuelle.

Dans toutes les autres situations, la personne devra dévoiler son statut. En d’autres mots une personne vivant avec le VIH a l’OBLIGATION juridique de dévoiler son statut AVANT d’avoir une relation vaginale ou anale sans condom, peu importe sa charge virale, ou avant d’avoir une relation vaginale ou anale lorsque sa charge virale est plus élevée que «faible», qu’elle utilise le condom ou non.

Ne pas respecter ses lois est un crime grave. Des personnes vivant avec le VIH ont été accusées et reconnues coupables de différents crimes : voies de fait graves, agression sexuelle grave et tentative de meurtre. En effet, parce qu’elles n’ont pas divulgué leur séropositivité à leur(s) partenaire(s) avant un rapport sexuel, que la personne ait été infectée ou non, elles ont été inculpées.

Si vous souhaitez en apprendre davantage et comprendre les nuances liées au VIH/SIDA et à sa transmission, consultez CATIE. C’est une ressource canadienne de renseignements sur le VIH et l’hépatite C. Vous y trouverez plusieurs nuances nécessaires, notamment par rapport à la charge virale, afin de bien comprendre cet enjeu législatif.

Sur Le Vif: qu’est-ce que le consentement?

Voyez les réflexions de Stéphanie, Laurent et Nadia dans les sur-le-vif pour en apprendre davantage sur le consentement!

 

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