Le consentement sexuel en ligne

LA THÉMATIQUE

Il est très rare qu’on entende parler de consentement sexuel en ligne, mis à part dans les médias lorsqu’une histoire éclate. Or, le consentement sexuel étant déjà à la base un concept assez complexe, il est important d’y réfléchir sous tous ses angles. Qu’on décide d’avoir de la sexualité dans l’espace réel ou dans l’espace virtuel, les lois du consentement ne changent pas. Il doit être «un choix libre et éclairé» et «donné de façon volontaire».

Pour un petit rappel sur le consentement global, tu peux lire notre dossier à ce sujet!

Le consentement sexuel en ligne n’est pas très différent du grand concept de consentement sexuel. Les mêmes enjeux sont présents, mais on doit y rajouter des facteurs qui sont différents et importants à prendre en considération:

  1. Lorsqu’on fait du sexting* en message, on ne peut voir le non-verbal de l’autre personne. Ça brime donc la communication;
  2. Lorsqu’on partage des messages/des images/des vidéos à caractère sexuel, on ne sait pas ce que l’autre en fera;
  3. Lorsqu’on fait du sexting en étant mineur avec d’autre(s) mineur(s) ou d’autre(s) personne(s) majeure(s), on peut être reconnu de possession, production et distribution de pornographie juvénile.

* Le sexting c’est l’action d’envoyer ou recevoir des messages, des images ou des vidéos intimes et à caractère sexuel dans un but de séduction ou d’excitation sexuelle.

TU PEUX ÉCOUTER NOTRE CAPSULE, POUR EN APPRENDRE DAVANTAGE!

LES LOIS

Avec l’arrivée des technologies de l’information et de la communication, les relations humaines sont entrées dans une nouvelle ère. Celle où il est possible d’avoir accès à de l’information, à tout moment, à travers le monde. Celle qui nous permet de communiquer, partager, discuter avec qui que ce soit à la seconde près.

Parce que les relations amoureuses et humaines sont complexes et que ces nouvelles technologies ont changé certains de nos comportements sociaux, le gouvernement du Canada a dû instaurer de nouvelles lois freinant toutes formes de cyberintimidation.

Tout d’abord, la nouvelle loi sur la «distribution non consensuelle d’images intimes» a vu le jour en mars 2015. Depuis, cette loi protège toutes personnes pouvant se faire exposer intimement en ligne, sans son consentement. Dans cette loi, on «convient que l’infraction devrait viser tous les modes possibles de distribution d’images intimes, soit par livraison matérielle, la mise à disposition, la transmission par des réseaux sociaux ou par courriel ou la publicité de bouche-à-oreille. L’infraction peut englober la publication, la publicité, la distribution, la transmission ou la mise à disposition d’une image intime d’une autre personne».

Cette loi a été créée après de nombreux cas de jeunes, ou d’adultes, qui se vengeaient en distribuant des photos intimes de leurs ex-partenaires. On nomme ce phénomène de la «pornographie de vengeance».

Et les jeunes?

De plus, plusieurs personnes ont à prendre des décisions liées au sexting et à la sextorsion tous les jours. Les jeunes sont particulièrement à risque de se faire demander de partager des images ou des vidéos à caractère sexuel. Autant chez les garçons que chez les filles, on remarque beaucoup de sollicitation, principalement de personnes de leur entourage : les ami-e-s, les fréquentations, les amoureux-euses, etc.

Il se peut aussi qu’une plainte soit déposée contre une personne qui détient, par exemple, des photos nues de sa ou son partenaire mineur-e, et qu’elle soit reconnue coupable de possession de pornographie juvénile. Il est interdit de créer des «représentations visuelles d’activités sexuelles explicites … ou des … représentations visuelles dont la caractéristique dominante est la représentation, dans un but sexuel, des organes sexuels d‘une personne âgée de moins de dix-huit ans. La définition de la pornographie s’entend notamment aussi de matériels écrits et audio. L’article 163.1 interdit notamment de faire, distribuer, posséder et rendre accessible de la pornographie juvénile».  

Si vous êtes victimes de ces actes, vous pouvez porter plainte à votre poste de police de quartier.

LES VICTIMES

Un phénomène étrange se produit lorsqu’une personne est exposée sexuellement sur Internet. Souvent on dit que c’est de SA faute… qu’elle ou il n’aurait pas dû prendre les photos ou les vidéos. Ce phénomène renvoie l’idée que l’erreur appartient à la victime! Pourtant, la personne fautive – et qui peut être arrêtée à cause des lois expliquées plus haut – c’est la personne qui expose l’autre. C’est elle ou lui qui est vraiment l’agresseur-e. C’est cette personne qui est fautive et qui devrait être punie ou blâmée pour SON geste. Pourtant, on aime mieux rire de la victime ou la discriminer en la traitant de tous les noms possibles.

Lorsqu’un événement de ce genre arrive, il est crucial de réfléchir à l’aide qu’on peut apporter à la victime. Plusieurs jeunes ont vécu des dépressions après s’être fait exposer, certaines personnes en sont même venues à se suicider… Non seulement parce qu’elles avaient été exposées, mais parce que tout le monde dans leur école a discriminé le geste de la victime. Si, par exemple, ça arrive dans votre école secondaire, supporter la personne qui vit ce drame peut changer une vie.

Les personnes qui sont victimes peuvent aller chercher sur soutien auprès des CALACS, des CAVAC, des lignes d’écoute comme Tel-Jeunes ou Jeunesse, J’écoute.

LE FAIRE, OU NE PAS LE FAIRE?

Les risques d’être exposé-e existent bel et bien! Est-ce que c’est la réalité pour tout le monde?…  Non! Certaines personnes sont chanceuses. Par contre, il faut se rappeler qu’il est impossible de savoir quelles seront les intentions d’une autre personne. Malgré que vous ayez confiance en l’autre, il se peut que cette personne décide de vous manquer gravement de respect et de vous exposer, sans votre consentement. C’est bien malheureux, mais c’est ainsi…

C’est pourquoi il est important de réfléchir avant de prendre la décision de partager des photos ou des vidéos de soi qui sont intimes ou à caractère sexuel. Aussi, lorsque vous sextez, communiquez à l’autre ce que vous voulez lui partager. Les surprises ne sont pas toujours bonnes à recevoir. Par exemple, recevoir une photo d’un pénis en érection sans prévis dans sur Snapchat c’est beaucoup plus choquant qu’érotique! Avant d’envoyer quoi que ce soit (après y avoir réfléchis longtemps!!) demandez le consentement à l’autre personne. C’est important pour vivre de l’excitation et se sentir prêt-e à la vivre aussi. Si vous vous retrouvez à ouvrir un Snapchat compromettant de votre blonde, chum, ami-e, en étant avec vos parents ou des membres de votre famille, vous ne vous sentirez peut-être pas super à l’aise qu’ils ou elles aient pu voir ce que vous avez reçu. C’est tout de même votre intimité!

Sinon, une bonne façon de vivre sa sexualité en ayant moins de stress est de le vivre dans l’espace réel; en face à face! Attendez d’être avec l’autre dans l’intimité et vivez votre sexualité de façon consensuelle.

Passage à l’acte

Pour les personnes âgées de 18 ans et plus, si vous décidez de sexter une ou un partenaire, pensez d’abord au risque que vous prenez. Ensuite, prenez le temps de demander le consentement à l’autre personne. Comment? Visionne notre capsule pour y réfléchir!

 

 

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