La pornographie

La pornographie c’est « tout matériel écrit, visuel ou oral qui montre, ou décrit, des actes ou organes génitaux dans le but de stimuler sexuellement l’auditoire » (Magill, 1995, p.985, traduction libre). La porno, comme on l’entend aujourd’hui, est principalement celle vidéo ou audio qu’on retrouve sur le web : les sites pornographiques. Ce sont de courts, moyens ou longs métrages exposants principalement des activités sexuelles. Ces films sont classés 18 ans et plus, car ils « reposent essentiellement sur l’exploitation de rapports sexuels explicites » (Ministère de la culture et communications, https://mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=5942, 2017).

La pornographie reste un sujet tabou dans la sexualité humaine, malgré le fait qu’elle soit visionnée partout sur la terre et de façon assez importante. Plusieurs facteurs rendent ce sujet tabou. D’une part, elle est généralement utilisée à des fins de masturbation. Elle est, pour certain-e, quelque chose d’intime, qui ne se partage pas. Elle est créée pour démontrer des fantasmes, et donc, le fait de partager notre consommation de pornographie, ou les films que nous écoutons, expose notre intimité, notre imaginaire érotique. D’autres parts, elle est souvent vue comme un geste reprochable, surtout si la personne qui la regarde est en relation amoureuse. Bref, on peut dire que la pornographie renvoie principalement à des enjeux moraux et relationnels (mais peut aussi être liée à des enjeux politiques, religieux, économiques, etc).

Finalement, les opinions sur son utilisation sont partagées; devons-nous être pour ou contre la pornographie? Existe-t-il des éléments positifs à la consommation de pornographie ou uniquement des éléments négatifs? Sa consommation peut-elle devenir une dépendance ou devrait-elle être considérée simplement comme une mauvaise habitude? Il n’y a pas, à l’heure actuelle, un consensus sur ses questions. Une chose est certaine, la pornographie crée de grands questionnements.

Ces impacts

Les impacts de la pornographie sont présents dans la sexualité humaine. Depuis plusieurs années, des recherches ont été produites par rapport à ces impacts. Évidemment, les impacts trouvés sont principalement négatifs, surtout lorsque les gens la consomment de façon excessive.

Les impacts sont multiples dans le développement psychosexuel des jeunes et des adultes qui la consomment. Voici quelques exemples :

D’abord, la pornographie industrielle est ancrée dans des idées rigides et des stéréotypes de toutes sortes. Les stéréotypes sexuels, transmis à travers ces films, n’aident pas à concevoir les relations amoureuses ou sexuelles comme pouvant être saines et, surtout, égalitaires. Elle crée des enjeux de pouvoir entre les hommes et les femmes.

De plus, elle est souvent violente et ne démontre pas de signe de consentement sexuel. Il est donc possible que les personnes qui la regardent pensent qu’il est normal d’agir de façon violente et de ne pas consentir à des comportements sexuels.

Aussi, la pornographie montre continuellement les mêmes comportements sexuels ; fellation, pénétration vaginale ou anale, éjaculation, etc. Tout cela, dans les mêmes positions. Elle orchestre les rapports sexuels de façon à ce que les spectateur-trice-s conçoivent qu’il soit « normal » et désirable de vivre tous ces comportements, de cette façon précise ; dans le même ordre d’action.

Les spectateur-trice-s des films vivront de l’anxiété de performance, liée à leur image corporelle, mais aussi à leur compétence dans leurs propres rapports sexuels.

Si vous êtes intéressé-e-s à en connaître davantage sur les impacts de la pornographie, aller consulter ce document ! (voir page 6 du document).

Films Érotiques ou pornographiques ?

En comparaison aux films pornographiques, les films érotiques ou sensuels peuvent être des outils moins dommageables de stimulation sexuelle. Puisque ces films sont plus implicites, et non explicites, ils permettent aux spectateurs-trices d’anticiper et de construire le plaisir autrement dans leur imaginaire. Dans les films érotiques, les images sont beaucoup plus suggestives et les activités sexuelles démontrent plus souvent des situations consensuelles et respectueuses.

Les types de productions pornographiques

Il existe plusieurs types de production pornographie; commerciale (industrielle ou mainstream), queer, féministe, éthique, indépendante, sociale, amateur, etc. Les différences entre ces formes de pornographie sont nombreuses. Par exemple, la pornographie commerciale ou industrielle se retrouve sur les sites les plus populaires et les plus visités. Elle tend vers l’exagération et le «faux»; costumes, maquillages, corps toujours similaires, muscles, etc. Tandis que la pornographie indépendante tend plus vers l’authenticité; corps diversifiés (sans chirurgie corporelle), présence de poils et d’imperfections (sans maquillage pour camoufler). La porno commerciale a comme but principal d’être vue, consommée facilement. C’est pourquoi ses qualités scénaristiques et cinématographiques sont plutôt simples ou faibles, comparativement à des productions indépendantes et éthiques. Dans les films indépendants, on peut constater qu’il y a présence d’une recherche esthétique.

La pornographie commerciale est tellement visionnée sur les sites populaires qu’elle ne demande pas à ce que les consommateur-trice-s aient à les payer. Ce qui veut aussi dire que les types de productions pornographiques éthiques ou indépendantes, par exemple, sont payants… et donc, moins accessibles. Sans pour autant dire qu’il faudrait payer pour en visionner, il est important de soulever ces enjeux pour mieux comprendre les industries qui tentent de nous vendre des produits pornographiques.

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