Les corps mâles

LES CORPS MÂLES

Bien que chaque individu sur Terre ait un corps, une apparence bien précise et une biologie unique, les corps mâles se développent généralement avec certains traits physiologiques semblables. Ainsi, les corps mâles se développent à partir de deux chromosomes non-identiques: XY. Ces deux chromosomes font en sorte que le corps crée des hormones sexuelles mâles qui à leur tour mènent à la production de spermatozoïdes.

Comme chaque partie d’un corps sera différente d’une personne à l’autre, les testicules, par exemple, pourront être petits, gros ou il pourrait n’y en avoir qu’un seul. Aussi, on pense généralement que le corps d’un homme est toujours plus poilu que celui d’une femme. Il est vrai que certains hommes auront plus de poils que certaines femmes. Par contre, ce n’est pas le cas pour tout le monde. Certains hommes auront très peu de poils et certaines femmes en auront beaucoup. Les poils poussent à la grandeur du corps. Il s’en trouve généralement un peu plus sur le pubis. Certaines personnes décideront de les enlever, d’autres non. Garder en tête, encore une fois, que l’épilation ou le rasage n’est pas obligatoire! En garder, ou non est un choix personnel. L’important c’est de se sentir bien; se sentir soi.

LES ORGANES GÉNITAUX

Lorsqu’on parle d’organes génitaux, on les distingue en deux catégories : les organes externes et les organes internes. Les organes externes des corps mâles sont généralement composés d’un pénis*, d’un prépuce, d’un gland, d’une couronne (séparant le gland de la verge), d’un scrotum, ainsi que d’un méat urinaire. L’anus étant très proche des testicules, il peut aussi être vu de l’extérieur. Les parties internes sont généralement composées de tissus érectiles (corps caverneux, corps spongieux), d’une urètre, de canaux déférents, d’épididymes, de testicules* et d’une prostate.

*Le pénis et les testicules sont internes et externes. Brièvement, on peut les voir accrochés à l’extérieur du corps et ils ont aussi des structures internes plus complexes. Néanmoins, le pénis sera décrit dans la section des parties externes et les testicules dans les parties internes. Voici quelques notes explicatives sur chacune des parties externes et internes.

LES PARTIES EXTERNES

LE PÉNIS

Aussi nommé la verge, le pénis est un organe possédant plusieurs fonctions. Ces fonctions sont plus précisément liés à la reproduction, au plaisir sexuel ainsi qu’à l’éjection de l’urine et du sperme. À l’intérieur du pénis se trouvent les corps caverneux. En fait, ce sont ces tissus érectiles qui peuvent se remplir de sang lors d’une excitation ou par simple régulation du corps. Lorsque cela se produit le pénis durcit et il est en érection. À l’adolescence et lors de la croissance des organes génitaux, les pénis peuvent être plus souvent en érection, pour de multiples raisons. Notamment, pour rester en santé, le pénis peut être en érection plusieurs fois dans la journée, sans que cela ne soit directement lié à du désir sexuel.

Le pénis a une structure interne et il est composé de plusieurs parties: la verge (tronc du pénis comportant les corps caverneux et le conduit de l’urètre) et le gland (parfois entouré d’un prépuce). Il ne contient donc pas d’os dans sa structure interne, comparativement à plusieurs autres espèces animales.

Le pénis est sensible sur sa longueur, mais sa partie la plus sensible est le gland.

LE PRÉPUCE

Le prépuce est la petite peau entourant le gland du pénis. Cette peau est parfois manquante, simplement parce que certaines personnes se la font enlever. Les raisons de la retirer du corps sont multiples. Cela peut être notamment pour des raisons religieuses, de santé ou d’esthétisme. Le prépuce est plus apparent lorsque le pénis est flasque (pas en érection). Il se rétracte lorsque le pénis est rigide.

LE GLAND

Le gland est situé au bout de la verge. Il est séparé du pénis par ce qu’on appelle la couronne (qu’on peut voir lorsque le prépuce est dégagé). À son bout, se trouve une petite ouverture; l’entrée de l’urètre, ou le méat urinaire. C’est par là que sortent l’urine et le sperme. Le gland est l’organe sensible des organes reproducteurs mâles. Tout comme pour le clitoris, la stimulation du gland peut mener au plaisir sexuel.

LE SCROTUM

Le scrotum est une poche de peau contenant les testicules. Cette enveloppe permet aux testicules d’être maintenus à une température optimale à la création des spermatozoïdes (une température un peu moins élevée que la température normale du corps). Le scrotum change de texture si le pénis est en érection. En effet, lorsqu’il y a une érection le scrotum s’élève rapprochant de ce fait les testicules du corps. Au contraire, lorsque le pénis est flasque, le scrotum est moins tendu, laissant les testicules plus basses.

LES PARTIES INTERNES

LES CANAUX DÉFÉRENTS

Ces canaux servent principalement à faire sortir les spermatozoïdes des testicules pour les mener vers la prostate. Chaque testicule est rattachée à un de ces canaux. Les canaux débutent à la sortie de l’épididyme, vont jusqu’à la hauteur de la vessie, puis créent une jonction à l’urètre.

LES ÉPIDIDYMES

Sur chaque testicule se trouve une épididyme. Cette petite partie accolée au testicule sert principalement à mener à maturité les spermatozoïdes, mais aussi à les conserver et les transporter vers les canaux déférents.

LES TESTICULES

Les testicules font parties de l’appareil reproducteur mâle. On les nomme aussi les gonades mâles. Ils viennent généralement en paires. Ils sont entourés du scrotum qui pend à l’extérieur du corps, entre les deux jambes, juste en dessous de la verge. Les fonctions des testicules sont de créer des spermatozoïdes; cellules reproductives mâles, ainsi que de produire des hormones sexuelles, comme la testostérone.

LA PROSTATE

La prostate est un petit organe se situant juste en dessous de la vessie et entourant le début de l’urètre. Elle se situe vers l’arrière du corps, proche du rectum. Elle est composée de plusieurs glandes et sert principalement à créer un liquide qui se mélange au sperme lors des éjaculations. Ce liquide d’apparence laiteuse, appelé liquide séminal, sert à la bonne mobilité des spermatozoïdes.


LES CORPS INTERSEXES

Chaque individu sur Terre à un corps, une apparence bien précise et une biologie unique. Cette réalité reste la même pour les personnes intersexes.

Les corps des personnes intersexes auront quelques différences au niveau des organes reproducteurs, mais aussi au niveau des chromosomes (XXY – XYY), des gonades (testicules et ovaires non-présents ou non-fonctionnels) et/ou des hormones produites (faible niveau d’hormones sexuelles). Ainsi, un poupon peut naître avec des différences génitales; long clitoris, aucun testicule apparent, grandes lèvres similaires à des testicules, etc.

Néanmoins certaines personnes intersexes ne présenteront, à première vue, aucune différences anatomiques. En ce sens, il est possible de constater l’intersexualité d’une personne qui ignorait être né intersexe à l’adolescence. Cette personne montrera de faibles signes hormonaux (oestrogènes, progestérone, androgènes), ce qui aura pour effet de freiner la croissance de ses organes sexuels (seins qui poussent, allongement du pénis, etc). Ainsi, les personnes intersexes peuvent, dans certains cas, avoir une apparence plus androgyne. À l’adolescence, plusieurs personnes intersexes savent déjà à quel genre elles et ils s’identifient. Par exemple, si une personne intersexe se sent garçon/homme, il peut prendre tout au long de sa vie des surplus d’hormones (testostérones) pour maintenir l’apparence qu’il désire.

LA MÉDECINE ET CONSENTEMENT

Il n’est pas rare que certaines personnes intersexes soient poussées, dès la naissance, à vivre des changements chirurgicaux (la féminisation des organes génitaux, par exemple, chirurgie qui a pour but de donner une apparence «plus normale» à leurs sexes). Tout cela, évidemment, pour correspondre aux normes sociales admises.

Or, ces corps, dits «non-standards» selon le monde de la médecine, sont ceux de bébés et d’enfants à qui personne ne demande l’avis. En effet, bien que les procédures chirurgicales effectuées sur le corps de ces enfants soient des changements drastiques et bien souvent irréversibles, dans ce genre de situation le consentement des parents est le seul consentement nécessaire. Et cela c’est sans compter le fait que de telles opérations augmentent le risque de perte de sensations au niveau des organes génitaux, ce qui peut grandement diminuer le plaisir sexuel que pourrait ressentir ces personnes.

En plus de représenter un grave problème éthique, cette pratique s’avère très problématique pour ces derniers, qui un jour, seront adultes et ne s’identifieront peut-être pas du tout au genre qui leur a été assigné. Il ne faut pas oublier que de penser que son enfant vivra mieux une fois son sexe «normalisé» équivaut à penser à la place d’une personne qui n’a pas encore vécu son développement psychosexuel.


LA SYMBOLIQUE

La société, les institutions, la famille et les pairs entretiennent, plus souvent qu’autrement, des attentes face au comportement d’un individu. Ainsi, il est communément admis que le genre d’un individu devrait être en concordance avec son sexe biologique. Dès la naissance, les gens s’attendent ainsi à ce qu’un individu s’identifie au genre lié à son sexe (ou assigné chirurgicalement lorsqu’il est question de personnes intersexes) et qu’il agisse en fonction de celui-ci.

Pourtant, indépendamment de l’aspect de leur sexe, certains humains ne se sentent pas en concordance avec le genre qui leur est socialement assigné (fille ou garçon). Certaines personnes ne sentent pas que leur corps (femelle ou mâle) est à l’image de ce qu’elles et ils ressentent à l’intérieur d’elles et eux.

Les identités de genre sont aussi diversifiées que le sont les individus. Par exemple, on peut s’identifier à son sexe d’assignation – être cisgenre –  ou pas – être transgenre. On peut aussi ne s’identifier à aucun des deux, ou s’identifier aux deux!

À travers tout cela, le respect DES corps et des identités est primordial. Ce respect devrait s’exprimer autant au niveau de l’appréciation des différences, du respect de l’auto-assignation d’un individu (choix conscient de l’individu de s’identifier au genre lié à son sexe ou non) que du consentement et des limites de ce dernier.


LE CONSENTEMENT

Le lien entre les corps et le consentement sexuel est simple : il faut vivre des actes sexuels qui nous conviennent, avec lesquels nous sommes à l’aise. Dans une relation sexuelle à deux, ou plus selon le contexte, il est crucial de demander et d’exprimer à notre ou nos partenaires quelles sont les limites de nos corps. Ainsi, les touchés pourront être plus appréciés, les caresses mieux accueillies, etc. Le consentement et les limites des corps sont des sujets qui ne sont pas souvent abordés, mais il est important d’en discuter! Il est important d’identifier ce qui nous plaît, ce qui nous déplait dans toutes formes de relations sexuelles.

Ce n’est pas parce qu’on a un corps mâle qu’on désire plus de sexualité ou de rapports sexuels que les personnes avec un corps femelle. Comme ce n’est pas parce qu’on à un corps femelle qu’on ne désire pas de contacts sexuels pendant ses menstruations. Il est important de se respecter dans ses besoins, mais aussi ses limites. Généralement, cela mène à un plus grand épanouissement de notre sexualité.


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