Les corps femelles

LES CORPS

LA THÉMATIQUE

LES CORPS FEMELLES

Chaque individu sur Terre à un corps, une apparence bien précise et une biologie unique. Les corps femelles se développent généralement avec certains traits physiologiques différents des corps mâles ou des corps intersexes. Même si nous restons toutes et tous uniques, de manière générale, les corps restent toujours un peu composés de la même manière. Les corps femelles, par exemple, possèdent tous deux chromosomes identiques: XX. Ces deux chromosomes font en sorte que le corps crée les hormones sexuelles femelles qui mènent à la production d’ovules. Par contre, chaque partie du corps est différente d’une personne à l’autre. Les seins peuvent être petits, gros, avec des mamelons plus larges, plus petits, de couleur pâle ou foncée.

Aussi, on considère souvent à tort que les corps femelles ont une pilosité moins importante que celle des corps mâles. Mais en prenant ce stéréotype pour acquis, on oublie que certains hommes ont très peu de poils et certaines femmes en ont beaucoup. Des poils recouvrent le corps humain, c’est normal! Ces poils sont généralement plus apparents sur les aisselles et sur le pubis. Certaines personnes décident de les enlever, d’autres non. Il est important de garder en tête que l’épilation ou le rasage n’est pas obligatoire et que c’est un choix personnel. L’important c’est de se sentir bien, de se sentir soi.

LES ORGANES GÉNITAUX

Les organes génitaux sont composés des organes externes et internes. Les organes externes des corps femelles sont généralement composés des grandes lèvres (labias majora), des petites lèvres (labias minora), du capuchon du clitoris, du clitoris, de l’entrée de l’urètre (méat urinaire), puis de l’entrée du vagin (orifice vaginal). Le mot «vulve» est le terme approprié quand on veut parler des parties génitales externes; le vagin étant la partie, interne (le canal). L’anus étant très proche de la vulve, il peut aussi être vu de l’extérieur. Les parties internes, elles, sont généralement composées du vagin, du col de l’utérus, de l’utérus, des trompes de Fallope et des ovaires. Voici quelques notes explicatives sur chacune des parties.

LES PARTIES EXTERNES

LES GRANDES LÈVRES

Les grandes lèvres sont celles qui contournent la vulve, jusqu’aux aines. Ce sont ces lèvres qui peuvent être recouvertes de poils (ou non!). Elles sont la continuité du pubis, aussi connu sous le nom du mont de Vénus. Les grandes lèvres ont souvent la même couleur que notre peau, mais elles peuvent aussi être plus foncées ou plus pâles.

LES PETITES LÈVRES

Les petites lèvres se trouvent à l’intérieur des grandes lèvres. On croit souvent que les petites lèvres sont plus petites que les grandes lèvres. Malgré le fait qu’elles soient plus minces, les petites lèvres ne sont pas nécessairement plus «petites», pour autant. Par exemple, si quelqu’un se place devant une femme, il est possible que ses petites lèvres dépassent de ses grandes lèvres. De plus, les petites lèvres ne sont pas nécessairement toujours de la même couleur que notre peau et sont généralement asymétriques. En fait, elles peuvent être de plusieurs teintes; rosées, foncées, brunâtres, rougeâtres, etc. Les petites lèvres sont glabres, ce qui veut dire qu’elles sont sans poils.

LE CAPUCHON DU CLITORIS

Le capuchon du clitoris est une petite peau recouvrant le clitoris. Les grandeurs des capuchons du clitoris peuvent varier. Cette peau peut être plus grande chez certaines.

LE CLITORIS

Souvent appelé “l’organe du plaisir”, le clitoris est le plus sensible des organes. Il possède de nombreuses terminaisons nerveuses pouvant créer de l’excitation et une érection, s’il est stimulé. Les experts s’entendent désormais pour dire que le clitoris est beaucoup plus grand qu’on ne le croyait auparavant. En effet, alors que la structure interne du clitoris se situe juste au dessus des petites lèvres (à leur commissure c’est-à-dire, l’endroit où elles se rejoignent), et est généralement recouvert d’un capuchon, sa structure interne est formée de corps caverneux et de corps spongieux qui s’étendent profondément dans le corps.

LES PARTIES INTERNES

LE VAGIN

Le vagin est un conduit interne dont la sensibilité est très différente de celle du clitoris. Effectivement, contrairement au clitoris, le vagin n’est pas complètement sensitif. Il n’y a que l’entrée de l’orifice vaginal, ainsi que le premier tier du conduit vaginal qui possèdent des terminaisons nerveuses. Les deux autres tiers ne sont pas sensibles. Même s’il est parfois possible de sentir des sensations plus profondément lors d’une pénétration, il n’y a pas de terminaisons nerveuses à ces endroits. Le vagin est entouré de muscles. Il peut s’élargir et se rétrécir par contraction ou relâchement des muscles.

De plus, le vagin s’auto-régule et se lave de lui-même. *Il est strictement déconseillé de faire des douches vaginales. Le vagin se lave de lui-même. Il est propre!* Il crée des sécrétions, contenant de bonnes bactéries qui maintiennent un niveau stable d’acidité.

Finalement, les vagins produisent des sécrétions génitales (nommées cyprine) lors de l’excitation sexuelle. Ainsi, les parois internes du vagin suintent, créant ainsi une sensation d’humidité, une sensation d’être mouillée.

LE COL DE L’UTÉRUS

Le col de l’utérus est la partie séparant le conduit vaginal de l’utérus. Il est formé de deux parties distinctes : l’endocol et l’exocol. L’endocol est la partie interne qui se rend vers l’utérus, tandis que l’exocol est la partie bombée, tapissée au fond du vagin. Si des doigts sont insérés dans un vagin, ils peuvent sentir le col (l’exocol) au bout des doigts, comme une petite boule ronde.

Le col de l’utérus possède plusieurs glandes. Ces glandes créent du mucus épais qui rendent la tâche compliquée aux spermatozoïdes qui tentent de se diriger vers l’utérus. Ces muqueuses sont produites tout au long du cycle menstruel.

Le col, lors d’un accouchement, se dilate pour laisser passer le bébé.

L’UTÉRUS

L’utérus est un organe creux qui se loge au sein du pelvis. Il est l’organe où la gestation d’un foetus se produit pendant les neuf mois de la grossesse. Il n’est pas flottant, il est attaché par des ligaments, pour garder un angle bien particulier. Si on l’imagine en place dans un corps, il serait donc situé en arrière de la vessie, au-dessus du vagin et en avant du rectum.

Il est composé d’une partie supérieure, d’un corps (cavité utérine), ainsi que d’une partie inférieure plus étroite; le col. Une image souvent utilisée pour le conceptualiser, est l’image de la poire. En fait, si on imagine sa position dans le corps, on doit réfléchir à une forme de poire, mais renversée.

Les parois de l’utérus sont composées de plusieurs couches; l’endomètre, le myomètre et le périmétrium. S’il n’y a pas de grossesse qui se prépare ou que le corps n’est pas ménopausé, à chaque mois, le revêtement des parois utérines sera évacué. On nomme se phénomène cyclique : les menstruations.

L’utérus est un muscle lisse, ce qui veut dire qu’il est autonome et contrôlé par le système nerveux parasympathique. Par exemple, lors de l’accouchement, on ne peut décider d’avoir des contractions, elles arrivent d’elles-même, involontairement.

LES TROMPES DE FALLOPE

Les trompes de Fallope, aussi appelées «trompes utérines», sont des conduits qui relient les ovaires à l’utérus. Lorsque l’ovulation se produit, elles transportent l’ovule dans ses conduits pour permettre la rencontre entre l’ovule et les spermatozoïdes. Puisqu’elles sont attachées à l’utérus, si un ovule est fécondé (ovule fertilisé par un spermatozoïde), elles dirigent le zygote vers la cavité utérine. Elles sont les ponts entre les ovaires et l’utérus.

Les trompes de Fallope ne sont pas attachées aux ovaires. Lorsqu’on regarde une image des parties internes femelles, elles semblent attachées, mais en fait, elles tendent vers les ovaires avec leurs petites franges. On nomme ces parties les ligaments infundibulo-ovarique.

LES OVAIRES

Les ovaires font parties de l’appareil reproducteur femelle. Ils viennent généralement en paire et ont la grosseur d’une amande. Les ovaires sont de petits organes produisant les ovules; cellules reproductives femelles. Ils se logent dans le bassin à l’extrémité des trompes utérines, et de chaque côté de l’utérus.

Ils n’ont pas comme seule fonction de créer des ovules. Les ovaires produisent aussi des hormones sexuelles: l’oestrogène et la progestérone.


LES CORPS INTERSEXES

Chaque individu sur Terre à un corps, une apparence bien précise et une biologie unique. Cette réalité reste la même pour les personnes intersexes.

Les corps des personnes intersexes auront quelques différences au niveau des organes reproducteurs, mais aussi au niveau des chromosomes (XXY – XYY), des gonades (testicules et ovaires non-présents ou non-fonctionnels) et/ou des hormones produites (faible niveau d’hormones sexuelles). Ainsi, un poupon peut naître avec des différences génitales; long clitoris, aucun testicule apparent, grandes lèvres similaires à des testicules, etc.

Néanmoins certaines personnes intersexes ne présenteront, à première vue, aucune différences anatomiques. En ce sens, il est possible de constater l’intersexualité d’une personne qui ignorait être né intersexe à l’adolescence. Cette personne montrera de faibles signes hormonaux (oestrogènes, progestérone, androgènes), ce qui aura pour effet de freiner la croissance de ses organes sexuels (seins qui poussent, allongement du pénis, etc). Ainsi, les personnes intersexes peuvent, dans certains cas, avoir une apparence plus androgyne. À l’adolescence, plusieurs personnes intersexes savent déjà à quel genre elles et ils s’identifient. Par exemple, si une personne intersexe se sent garçon/homme, il peut prendre tout au long de sa vie des surplus d’hormones (testostérones) pour maintenir l’apparence qu’il désire.

LA MÉDECINE ET CONSENTEMENT

Il n’est pas rare que certaines personnes intersexes soient poussées, dès la naissance, à vivre des changements chirurgicaux (la féminisation des organes génitaux, par exemple, chirurgie qui a pour but de donner une apparence «plus normale» à leurs sexes). Tout cela, évidemment, pour correspondre aux normes sociales admises.

Or, ces corps, dits «non-standards» selon le monde de la médecine, sont ceux de bébés et d’enfants à qui personne ne demande l’avis. En effet, bien que les procédures chirurgicales effectuées sur le corps de ces enfants soient des changements drastiques et bien souvent irréversibles, dans ce genre de situation le consentement des parents est le seul consentement nécessaire. Et cela c’est sans compter le fait que de telles opérations augmentent le risque de perte de sensations au niveau des organes génitaux, ce qui peut grandement diminuer le plaisir sexuel que pourrait ressentir ces personnes.

En plus de représenter un grave problème éthique, cette pratique s’avère très problématique pour ces derniers, qui un jour, seront adultes et ne s’identifieront peut-être pas du tout au genre qui leur a été assigné. Il ne faut pas oublier que de penser que son enfant vivra mieux une fois son sexe «normalisé» équivaut à penser à la place d’une personne qui n’a pas encore vécu son développement psychosexuel.


LA SYMBOLIQUE

La société, les institutions, la famille et les pairs entretiennent, plus souvent qu’autrement, des attentes face au comportement d’un individu. Ainsi, il est communément admis que le genre d’un individu devrait être en concordance avec son sexe biologique. Dès la naissance, les gens s’attendent ainsi à ce qu’un individu s’identifie au genre lié à son sexe (ou assigné chirurgicalement lorsqu’il est question de personnes intersexes) et qu’il agisse en fonction de celui-ci.

Pourtant, indépendamment de l’aspect de leur sexe, certains humains ne se sentent pas en concordance avec le genre qui leur est socialement assigné (fille ou garçon). Certaines personnes ne sentent pas que leur corps (femelle ou mâle) est à l’image de ce qu’elles et ils ressentent à l’intérieur d’elles et eux.

Les identités de genre sont aussi diversifiées que le sont les individus. Par exemple, on peut s’identifier à son sexe d’assignation – être cisgenre –  ou pas – être transgenre. On peut aussi ne s’identifier à aucun des deux, ou s’identifier aux deux!

À travers tout cela, le respect DES corps et des identités est primordial. Ce respect devrait s’exprimer autant au niveau de l’appréciation des différences, du respect de l’auto-assignation d’un individu (choix conscient de l’individu de s’identifier au genre lié à son sexe ou non) que du consentement et des limites de ce dernier.


LE CONSENTEMENT

Le lien entre les corps et le consentement sexuel est simple : il faut vivre des actes sexuels qui nous conviennent, avec lesquels nous sommes à l’aise. Dans une relation sexuelle à deux, ou plus selon le contexte, il est crucial de demander et d’exprimer à notre ou nos partenaires quelles sont les limites de nos corps. Ainsi, les touchés pourront être plus appréciés, les caresses mieux accueillies, etc. Le consentement et les limites des corps sont des sujets qui ne sont pas souvent abordés, mais il est important d’en discuter! Il est important d’identifier ce qui nous plaît, ce qui nous déplait dans toutes formes de relations sexuelles.

Ce n’est pas parce qu’on a un corps mâle qu’on désire plus de sexualité ou de rapports sexuels que les personnes avec un corps femelle. Comme ce n’est pas parce qu’on à un corps femelle qu’on ne désire pas de contacts sexuels pendant ses menstruations. Il est important de se respecter dans ses besoins, mais aussi ses limites. Généralement, cela mène à un plus grand épanouissement de notre sexualité.


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«Les corps mâles» et

«Les érections».

 

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